Alors comme ça notre enseignement
de l’Economie serait une « catastrophe ambulante », selon les mots de Michel Rocard, membre de
l’actuelle commission Pochard chargée de réfléchir à l’évolution du métier
d’enseignant ? Au-delà de la polémique, il est plus que jamais utile de se
concentrer sur les promesses et les intérêts de nos jeunes générations pour inscrire
la France dans une dynamique de croissance durable.
Regardons les choses en face :
nous avons l’un des taux de chômage des jeunes les plus forts d’Europe (21%), 70%
des embauches de jeunes sont des contrats dits « précaires » (CDD,
CNE, emplois-jeunes…), 54 % des jeunes se sentent mal aimés de l’entreprise et 64
% d’entre eux pensent que l’école est responsable de leur décalage avec le
monde de l’entreprise. Que faire ? Le discours qui consiste à dire que le
niveau des lycéens et des étudiants baisse et qu’ils finiront chômeurs est
insupportable, une insulte pour une société comme la nôtre.
L’école doit non seulement
apprendre à lire, mais à lire le monde, donc ne pas ignorer une partie centrale
de ce monde qu’est l’entreprise, a priori la meilleure destination possible
pour les jeunes après les études… Ors, pour ce que l’on constate aujourd’hui
dans les manuels scolaires de sciences économiques, c’est une image pessimiste,
incomplète, réductrice de l’entreprise bref, anti business, qui y est présentée.
L’entreprenariat et la réussite ne
sont pas valorisés, les développements consacrés au travail traitent surtout du
chômage, de la précarité, de l’exclusion, du stress, du harcèlement… en
revanche jamais l’épanouissement personnel – grâce notamment à l’exercice de
son métier – n’y est traité. Au final, on ne peut que se réjouir qu’un
lycéen sur deux ne reçoive aucune formation économique durant ses études !
Le Ministre de l’Education nationale lance une commission sur ce sujet. Dont
acte !
L’avenir de notre économie, mais
également celui des jeunes, passera obligatoirement par l’intégration réussie
et rapide de ces générations dans le monde professionnel. Les entreprises
reprochent aux jeunes de ne pas savoir mettre en pratique leurs connaissances
et de ne pas connaître le monde économique alors que les jeunes reprochent aux
entreprises d’exiger qu’ils soient déjà qualifiés avant même toute expérience
professionnelle. Il est grand temps de résoudre le décalage entre ces deux
mondes, d’encourager et de rationaliser les passerelles, déjà fort nombreuses.
Les entreprises doivent faire des
efforts pour davantage s’ouvrir et répondre à la fois aux nécessités du monde
économique et à l’emploi des jeunes – de tous les jeunes – avec ou sans diplôme.
Pour l’entreprise, cette démarche est essentielle afin d’une part, de
contribuer à améliorer leur image auprès des jeunes et, d’autre part, de
participer à leur professionnalisation. Favoriser le plus tôt possible la
découverte de l’entreprise et des situations réelles de travail, comme pour les
jeunes des filières professionnelles, est un enjeu majeur. Il est peut être là
le point de croissance qui nous manque !