Réjouissons-nous ! Luc Chatel vient de rendre
les derniers arbitrages tant attendus sur la réforme du lycée et prévoit dorénavant
de rendre obligatoires des cours d'économie pour tous les élèves de la classe
de seconde. Si cette annonce doit être considérée comme une avancée significative,
c’est que plus de 50% de nos bacheliers avaient en commun de ne pas avoir de
culture économique.
Le monde bouge et cette culture économique que l’on
veut dans le bagage de nos jeunes doit être en cohérence avec l’évolution de la société, qu’il s’agisse des
bases et des savoirs fondamentaux, ou des connaissances sur un environnement
économique en mouvance permanente.
Dans ce contexte
de mutations incessantes, dans un monde où les jeunes sont livrés à mille
zappings – télévisuels, Internet et familiaux –
faire évoluer les contenus et les méthodes pédagogiques est essentiel.
Comment, grâce aux progrès de la communication, aux apports d’informations
nouvelles arrivant chaque matin sur la toile du village mondial, et plus
directement sur le portable d’un nombre croissant de jeunes,
laisser notre jeunesse simple spectatrice de ces évolutions profondes ?
On peut
regretter qu’il faille attendre la classe de seconde au lycée général pour voir apparaître cet
enseignement de sciences économiques et sociales. En première et en terminale,
seuls les élèves de la filière économique et sociale seront concernés. En complément du stage de découverte en entreprise et de
l’option de découverte professionnelle (« DP3 ») instituée en 2006
pour les élèves de troisième, le premier
cycle du secondaire comprendra dorénavant un module économique. Espérons que
ces quelques heures obligatoires donneront à nos lycéens les moyens de
comprendre le monde économique pour leur
donner envie d’en savoir plus et d’agir ultérieurement.
Car, force est
de constater que la plupart des jeunes n’ont qu’une connaissance très limitée
de l’environnement économique et du monde de l’entreprise avant d’y entrer, ou,
pire, beaucoup de fausses idées et idées préconçues. Plus généralement,
l’économie souffre d’un manque de visibilité générale qui pénalise la
compréhension de ses mécanismes de base.
Espérons alors,
que ces heures d’Economie devenues
obligatoires aient bien pour objectifs de
décrire l’ensemble des mécanismes de production et de distribution des
richesses, et d’analyser le fonctionnement du circuit économique, ainsi que le
rôle des acteurs. Et cela de la façon la plus factuelle et concrète possible,
c’est-à-dire en dehors de toute approche normative qui trop souvent déforme la
réalité en la présentant de façon incomplète. Expliquer les rôles des acteurs,
dont l’entreprise, et de chacun peut permettre
aux élèves de se projeter davantage dans leur avenir et les aider à s’orienter
dans la vie professionnelle future ce qui me parait aujourd’hui indispensable.
Il faut non seulement promouvoir un enseignement en prise directe avec les
réalités contemporaines mais aussi qui parle de l’entreprise dans une approche
beaucoup plus « terrain ». Bref soyons pragmatiques, en effet il
semble plus logique de traiter d’abord des acteurs du monde économique, au sein
duquel, d’évidence, les entreprises jouent un rôle majeur au niveau de la
production et de la distribution des richesses, plutôt que de décrire en
priorité les dysfonctionnements de notre économie, sans pour autant les occulter.
Au-delà de
l’enseignement proprement dit de l’économie, l’Education Nationale doit ainsi
préparer l’intégration des jeunes dans la vie active, quel que soit leur futur
métier. D’où l’importance de cette réforme des lycées, dans un environnement
qui s’internationalise et qui devient de plus en plus technique. Citons, par
exemple, le rapprochement entre les lycées, les établissements d’enseignement
supérieur et les entreprises, ainsi que le développement des stages. Citons
également le renforcement de l’enseignement des langues étrangères, dont bien
sûr l’anglais, la revalorisation des bacs technologiques et l’ouverture plus
grande du lycée au monde culturel et aux nouvelles technologies.
Développons l’autonomie, l’initiative et la
responsabilité des jeunes, reconnues grâce au « livret de
compétences » reposant notamment sur l’engagement de l’élève au service
des autres ou de son établissement. Ces éléments, composés à la fois de savoir,
savoir faire et savoir être, pour reprendre le triptyque bien connu des
formateurs, caractérisent l’« honnête homme » du XXIème siècle. Ils
montrent également l’importance du sujet à traiter et l’ampleur de la tâche à
mener.

