En tant que membre de Conseil pour la diffusion de la culture économique (CODICE), autorité placée auprès de Madame Lagarde, je me considère très sensible aux questions relatives à la culture économique des français. Toutefois, en tant qu’entrepreneur et membre du Medef, il me semble urgent pour notre mouvement de rassembler sa famille, d’autant plus urgent en cette période de transition économique, les mauvais chiffres de l’emploi et les difficultés des entreprises devraient chaque jours nous le rappeler.
Depuis
quelques semaines, des vents peu porteurs soufflent sur l’unité du principal
mouvement patronal français et s’affichent « à la une » des journaux
économiques les mieux informés.
S’il
est trop tôt pour adresser ses meilleurs vœux à la famille patronale, ses vœux
de réussite à celles et ceux qui briguent des mandats pour représenter cette
famille patronale, il n’est pas trop tôt, en cette fin d’année, de sensibiliser
une fois de plus mon ancienne favorite « la meilleure d’entre nous ».
Je demande à toutes les bonnes volontés soucieuses de diffuser dans la société
une image réelle de ce que sont les entrepreneurs, l’organisation d’un débat
préliminaire afin de se demander, avant de réélire ou d’élire la ou le
dirigeant de notre mouvement, qui sommes nous aujourd’hui, qu’attendent de nous
nos adhérents, quel est notre rôle dans les dix prochaines années. Nous
devons saluer, et j’en profite pour le faire à cet instant, l’initiative
d’Ethic et de sa présidente Sophie de Menthon. La plateforme d’expression patronale
attendue au courant du mois de février marque une première étape du dialogue
attendu, il en faudra d’autres.
De
nombreux observateurs très avertis ont souligné l’émergence d’un néo patronat
du fait du changement de relations imposées à l’ensemble des composantes des
partenaires sociaux par l’hyper réactivité du président de la République. Ce
néo patronat, toute légitimité qu’il a de souhaiter se réconcilier avec
l’ensemble des français, se doit avant toute chose de réunir les siens, pour
les défendre aux mieux de leurs intérêts, s’ouvrir à eux, comprendre leur
demandes, répondre à leurs attentes.
Si les
syndicats de salariés ont dû accepter que leur représentativité soit redéfinie
; processus douloureux, qui marque un tournant dans le paysage syndical.
Comment aujourd’hui les organisations d'employeurs échapperaient-elles à ce que
la question soit posée concernant leur propre représentativité ?
Comment
la représentation des entreprises peut-elle continuer à fonctionner selon les
règles actuelles -issues du XIXe siècle-, alors que se développent les réseaux
sociaux et que la majorité des entrepreneurs sont aujourd'hui extérieurs aux
organisations qui parlent officiellement en leur nom ?
Le Medef, qui se doit d’être en phase avec son époque et la société où il vit,
peut-il faire l'économie d'une telle réflexion ?
En somme, les structures publiques sont déphasées et les structures
professionnelles ne donnent pas l'exemple. Pendant ce temps, les entrepreneurs
innovent, créent, la société avance...
En ce
qui me concerne, en cette fin d’année 2009, mon désir de débat démocratique au
bénéfice de nos adhérents n’a toujours pas été entendu. Faudra t-il voir partir
d’autres fédérations avant que le débat s’impose de lui-même dans la douleur,
je prie aussi intensément que je peux pour ne pas voir s’abattre sur nous cette
terrible catastrophe. Montesquieu disait : "Quand on veut gouverner les hommes,
il ne faut pas les chasser devant soi. Il faut les faire suivre".A méditer.