Victime
des querelles intestines au MEDEF, l’influence patronale est aujourd’hui bien
malmenée par les pouvoirs publics. Ce risque, je l’avais pressenti, et formulé
mes craintes dans une tribune parue dans les Echos le 5 janvier dernier*.
Pourtant je ne pensais pas voir jaillir la menace aussi vite.
Jeudi 14
janvier, le Premier ministre a rappelé par voie de communiqué : « son attachement à la bonne mesure de l’audience syndicale
dans toutes les entreprises. Il menace :
« de prendre des initiatives y
compris législatives. »
Pourquoi ce dossier ?
Pourquoi maintenant ? Pourquoi le chef du gouvernement qui a toujours
défendu nos entreprises? Un dossier sur lequel les deux principales
organisations patronales ont manifesté leur désir de surseoir à toute échéance
compte tenu du peu d’allant manifesté tant par les patrons que les salariés. Serait-ce
pour tester la capacité du patronat à se mobiliser pour défendre ses
mandants ?
Rappel des faits : une récente enquête
de Fiducial sur la qualité du dialogue social dans l’entreprise le démontre avec force : salariés et patrons de TPE y
rivalisent de satisfaction. 82% des premiers trouvent
bonne ou très bonne (32% très bonne, 50% plutôt bonne) la qualité du dialogue
avec leur patron. Le niveau auprès des second atteint
98% (52% très bonne, 46% plutôt bonne). Rares sont les enquêtes sur lesquelles patrons et salariés se retrouvent avec
autant de complicité. Pourtant le gouvernement laisse entendre que personne
n’en veut, mais qu’il va tout de même poursuivre. Derrière les oripeaux du
dialogue social dans les TPE, il s’agit de porter purement et simplement
atteinte à la puissance patronale. Si nous décidions de remettre un peu d’ordre
dans la maison MEDEF, tenir un vrai débat pour réaffirmer nos souhaits pour ce
grand mouvement, nul, pas même le gouvernement n’oserait miser sur une
Rossinante promise à la défaite.
Toutefois,
je dis chiche au gouvernement, mais peut-être serait-ce à Laurence Parisot de
le faire. Chiche, Monsieur le Premier ministre. Proposez, avant les échéances
du mois de mars un projet de loi aux 2,6 millions d’électeurs, également
dirigeants de TPE. Dites-leur que vous allez bouleverser leur mode de dialogue
avec des salariés qui se déclarent massivement satisfaits du dialogue dans leur
entreprise. Après cela, ne vous étonnez pas des résultats aux élections
régionales. Comme on dit chez nous dans les PME, 1 patron de grande entreprise
= 1 électeur ; 2,6 millions de TPE = 2,6 millions de patrons électeurs.
Pour que cessent les oukases des
pouvoirs publics, comme autant de tests pour mesurer la solidarité et la
solidité du mouvement patronal, construisons un débat préliminaire à l’échéance
électorale pour la présidence du MEDEF. N’hésitons pas à faire appel aux
grandes personnalités du mouvement si la colle de l’adhésion tarde à prendre
entre les différents courants du MEDEF.
Nb : * : Au-delà des guerres picrocholines semblant n’agiter que le seul landerneau patronal, j’y vois un péril bien plus considérable. Il concerne la place de l’influence patronale face à l’Etat. Si le standard du patronat reste trop longtemps en dérangement, nous prenons le risque d’observer sans broncher la dévitalisation de la puissance patronale. ».
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