Ma démarche ne vise nullement à mettre en cause la
légitimité de Mme Parisot à exercer un nouveau mandat. Elle a pour objet de
proposer un large débat et de faire monter en puissance de nouveaux acteurs
dans le paysage patronal, jeunes ou moins jeunes entrepreneurs, connus ou non,
mais tous animés par le même objectif : aménager un espace de dialogue
ouvert à tous nos adhérents en amont et au bénéfice du processus électoral de
notre organisation.
C’est dans ce sens que j’ai parlé de « Primaires des Challengers », qui, permettraient d’échanger de façon sereine et fructueuse à la veille d’une échéance importante à la fois pour notre mouvement, pour nos entreprises et, disons-le, pour notre économie.
Mme Parisot a qualifié cette démarche de
« régression démocratique », y voyant sans doute l’expression d’une
volonté de conquête du pouvoir par quelques-uns. Afin de lever toute ambiguïté,
je propose de parler désormais de « Débat préliminaire ».
De quoi s’agit-il ? Loin de vouloir créer des
sources de division au sein du MEDEF, l’ambition est tout simplement de faire
progresser le débat de fond sur les finalités de notre mouvement et sur son
organisation.
Ce Débat préliminaire aborderait l’avenir du MEDEF à
l’horizon de cinq à dix ans, sa place, ses responsabilités et son influence
dans la société française, au sein de l’Europe et dans le monde. Il permettrait
aussi d’échanger sur l’organisation interne et périphérique de notre mouvement,
sur la façon de continuer à le rénover et à le rendre plus efficace.
Ferons-nous l’économie d’une réflexion sur les
nouveaux processus démocratiques qu’il convient de mettre en œuvre au
sein de notre organisation patronale ?
- Nous
pourrions proposer à notre mouvement de considérer l’impérieuse nécessité
d’associer à un moment ou à un autre du processus électoral l’ensemble des
adhérents du MEDEF. Les politiques le font déjà ; nous ’inspirer de
leur capacité à évoluer serait exemplaire de notre part.
- Nous
proposerions que les MEDEF Territoriaux et les fédérations soient les
chevilles ouvrières de ce débat préliminaire. Notre seule légitimité vient
du terrain. Ce sont les clients dans nos entreprises, ce sont les
adhérents dans notre mouvement.
- A l’heure
des technologies de l’Internet et des réseaux sociaux, nous aurions
intérêt à organiser, au moins une fois au cours d’un mandat, une grande
consultation de nos adhérents. Le processus électoral conduisant à
l’élection du président pourrait en constituer le moment privilégié.
- A ce
stade, il ne s’agit pas de proposer des noms de challengers, ni d’évoquer
le bilan des cinq dernières années mais de réfléchir ensemble aux pistes
qui permettront d’appréhender sereinement les grands enjeux en prise
directe avec nos réalités quotidiennes.
- Souvenons-nous :
en 1998, le MEDEF naissant a réinventé le patronat ; en 2005, Laurence
Parisot est devenue la première femme à être élue à sa tête ; en 2010,
Laurence Parisot pourrait envoyer un signe fort en faveur du suffrage
universel total.
Notre mouvement est loin d’être
anti-démocratique, comme l’a montré la campagne de 2005 au cours de laquelle
cinq candidats ont concouru, et comme le montrent aussi régulièrement les
nombreuses candidatures qui se manifestent lors de l’élection des présidents
des MEDEF territoriaux et des fédérations. Pour autant, ne faut-il pas
continuer à le moderniser pour accroître ainsi sa représentativité, sa
diversité et sa légitimité et faire fonctionner à plein régime l’ascenseur
social également dans le milieu patronal ?
J’ai la conviction que les neuf mois qui nous
séparent de la date de l’élection doivent nous permettre de mener à bien cette
réflexion et donner envie à des chefs d’entreprise talentueux, futurs
dirigeants territoriaux et nationaux de notre mouvement, de partager leurs
idées.
Saurons-nous proposer à tous nos adhérents de prendre
en compte leurs opinions au moment ou s’annonce le débat sur la présidence de
notre mouvement ?
Mme Parisot a été élue sur la promesse d’un MEDEF plus
ouvert, plus moderne, plus transparent et ces principes ont guidé son action
dans de nombreux domaines. Elle ne saurait dès lors contester une démarche qui
vise à aller encore plus loin dans cette voie et à bâtir un MEDEF dans lequel chaque
chef d’entreprise puisse se retrouver.
En tant que jeune créateur de société, membre de la
Commission Nouvelles générations du MEDEF depuis 2006 et engagé à plusieurs
titres sur des questions essentielles pour nos entreprises, mon action n’a
d’autre but que de réfléchir à la façon la plus efficace dont nos intérêts
communs peuvent être défendus.
Je souhaite vous rassembler autour de cette idée de
débat préliminaire pour 2010.
Thibault Lanxade, adhérent du MEDEF Paris, membre depuis 3 ans de la Commission des Nouvelles
Générations du MEDEF.


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